J’ai accompagné le collectif Ed for Good l’année dernière et j’ai pris conscience d’un de mes angles morts en termes d’accessibilité numérique : celui des supports pédagogiques.
L’objectif d’Ed for Good ? Transformer l’apprentissage dans tous les espaces de la société. Sur les plans environnementaux, de l’accessibilité, de l’égalité…
Lors d’un premier échange, j’ai tout de suite compris à qui j’avais affaire.
Des personnes passionnées, exigeantes, joyeuses, concrètes, transparentes.
elles disent ce qu’elles font bien. Et aussi ce qu’elles font encore mal. Elles expliquent leurs choix d’outils. C’est rare, mais cela m’a permis d’approfondir mes connaissances sur l’accessibilité numérique.
L’angle mort de mon accompagnement, l’accessibilité numérique des supports pédagogiques
Les formataires d’Ed for Good utilisent de nombreux supports numériques. Présentations, PDF, fiches pratiques, mails, visioconférences. Ils peuvent être, ou non, accessibles à toutes et tous.
Pour combler mes zones d’ombre, je me suis documentée. Le site de l’INRIA et le site sur l’accessibilité numérique sont des ressources qui offrent des exemples concrets et des solutions pratiques. Vous avez également le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA), qui m’a été d’une grande aide. Le live coding d’Emmanuelle Aboaf, développeuse et conférencière, également. Un live coding est une présentation durant laquelle une développeuse ou un développeur montre comment coder en direct et le résultat produit.
C’est quoi, l’accessibilité numérique, concrètement ?
Un outil numérique accessible s’adapte aux contraintes de chaque personne qui l’utilise. Je vous invite très fort à vous en rendre compte par vous-même sur le site de l’Inria, que je mentionne plus haut.
L’accessibilité numérique, c’est notamment :
mettre des textes alternatifs à vos visuels,
nommer correctement vos images,
écrire de manière claire et concise,
avoir un bon contraste de couleur (je vous conseille cet outil pour vérifier Contrast Finder),
préciser l’action des boutons (ouvrent-ils un nouvel onglet ? dirigent-ils vers un formulaire ?…)
nommer correctement les champs des formulaires pour que les personnes avec un lecteur d’écran puissent les remplir,
pouvoir naviguer aussi bien avec la souris qu’avec le clavier…
C’est penser l’expérience utilisateur et utilisatrice pour tout le monde.
Concernant les supports pédagogiques, il est recommandé de :
mettre une seule idée par diapositive,
ajouter des sous-titres à vos vidéos…
L’accessibilité numérique concerne aussi vos PDF, vos présentations, vos fiches pratiques, vos mails, vos convocations.
Est-ce que ces documents sont lisibles par un lecteur d’écran ou par une personne ayant d’autres difficultés de lecture ?
Vos polices de caractères sont-elles lisibles ?
→ Vous avez un site de commerce en ligne ?
Aujourd’hui, moins de 10 % des sites en France sont accessibles.
Comment vos potentiels clients ou clientes peuvent-iels acheter chez vous si votre site n’est pas lisible par leur lecteur d’écran ?
Formateurs et formatrices, êtes-vous concerné•es ?
Des besoins différents, des gestes simples
Un cours en ligne, une présentation, un PDF, un formulaire d’inscription, un audio ou une vidéo de formation : tous ces supports peuvent exclure une partie de vos apprenant·es.
L’accessibilité numérique consiste à concevoir vos supports pour qu’ils soient adaptés aux conditions et empêchements de chacun et chacune.
Quelques exemples concrets
Une personne malvoyante utilise un lecteur d’écran. Elle a besoin que vos images soient décrites, que vos titres soient bien structurés, que vos liens soient explicites...
Une personne dys sera soulagée par un texte aligné à gauche, une police sans empattement, des phrases courtes…
Une personne malentendante a besoin de sous-titres vérifiés, pas seulement générés automatiquement. Donc, pour vos vidéos et audios, pensez-y et aussi à la transcription.
Je vous encourage à lire l’article d’Emmanuelle Aboaf sur le sous-titrage. Et à consulter l’infolettre de Céline Ripolles, Un monde accessible.
Pensez aussi au Facile à lire et à comprendre pour les personnes qui ne sont pas autonomes avec la lecture (illettrisme, illectronisme, précarité numérique, personnes étrangères…).
Ça se joue aussi dans la salle
J’ai récemment fait une intervention auprès d’étudiantes et étudiants en ressources humaines. J’avais pensé au contraste des couleurs de ma présentation. Mais je n’avais pas anticipé la baie vitrée en face de l’écran. La luminosité rendait ma présentation illisible. Ce genre de détail compte aussi.
Tous ces gestes facilitent la vie d’une personne sur cinq.
Comment se rendre compte de ce qui est accessible ou pas quand on n’est pas concerné•e ?
C’est une question que j’entends souvent quand je parle d’accessibilité : « Quand on n’est pas concerné•e, on ne pense pas à tout ça ». C’est vrai. Moi, la première.
La clé, c’est d’écouter la parole des personnes concernées par des empêchements. Vous pouvez discuter avec elles, tester vos outils avec elles, écouter des podcasts, lire des articles, vous rapprocher d’associations…
La fédération des aveugles de France et l’Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées) ont créé un dispositif en ligne pour sensibiliser aux bonnes pratiques à l’accessibilité numérique. Grâce à des mises en situation, vous comprenez l’enjeu de l’accessibilité numérique. Vous découvrez aussi les aides techniques pour les personnes malvoyantes et non-voyantes.
→ Des professionnelles à connaitre
Je ne suis ni développeuse web ni graphiste. Je peux bien sûr repérer une bonne partie de ce qui est visible, mais pas aller chercher dans le code, par exemple. Il est important pour moi de m’entourer de personnes dont c’est le métier, pour les recommander, et pour travailler avec elles. Voici, donc, une liste non exhaustive de celles-ci :
Emmanuelle Aboaf, développeuse et conférencière
Émilie Hornech, fondatrice de l’agence EH ! OH ! AH !
Sonia Margollé, développeuse WordPress freelance et consultante accessibilité
Maude de Goer, graphiste spécialisée en accessibilité et au Facile à lire et à comprendre (FALC)
Karine Houssais, graphiste éditoriale et vulgarisatrice de l’information publique
Ce que j’ai produit pour Ed for Good
Pour leur festival, je leur ai proposé deux listes à cocher pour vérifier :
l’accessibilité d’un lieu,
les éléments déjà mis en place lors de la première édition.
Pour les supports numériques des formataires, j’ai :
créé une liste à cocher des bases de l’accessibilité numérique liée à la formation,
proposé un guide de bonnes pratiques d’accessibilité numérique. Les membres ont pu le relire et l’adapter ensuite avec leurs collègues.
« Un grand merci à Béatrice pour son accompagnement à Ed For Good sur notre démarche d’accessibilité et d’inclusion ! Après avoir pris le temps de faire un état des lieux, elle nous a créé des outils afin d’améliorer notre charte graphique et éditoriale, mais aussi notre accueil dans des lieux physiques. Nous continuons d’utiliser ces outils dans une démarche d’amélioration continue ! Elle a également montré beaucoup de bienveillance et patience face à nos nombreuses questions, et a toujours su répondre avec pertinence. Merci de la part de toute la communauté Ed For Good ! »
Diana Portela, ingénieure pédagogique et conceptrice digital learning, fondatrice d’Ed for Good
→ En avril 2026, Diana m’a proposé d’écrire un article pour leur newsletter sur l’accueil des corps gros en formation.
C’est un angle de l’accessibilité qui est très souvent oublié. C’est par là, de mon côté, que je suis entrée dans la prise de conscience du manque d’accessibilité dans la société et la charge mentale que ça impliquait pour les personnes concernées. Ségolène Trapletti a été mon contact privilégié pour la rédaction de l’article. C’est un texte dont je suis très fière. Il est croisé par des entretiens audio que je vous invite très fort à écouter.
Je serai ravie d’avoir votre retour sur celui-ci.
Merci à Diana Portela et à Ségolène Trapletti pour leur confiance. Ce fut un réel plaisir de travailler avec tant de rigueur et de réflexion.
L’accessibilité numérique peut sembler complexe au premier abord. Mais à force de pratique, cela devient un automatisme et apporte beaucoup de joie dans nos pratiques.
Il faut juste accepter de remettre en question ce qu’on nous a appris. Et se laisser un peu de temps.
Pour vous aider à y voir plus clair, je vous propose un de mes accompagnements : comment communiquer sur vos pratiques d’accessibilité. Il se déroule en un entretien de deux heures environ selon la taille de votre entreprise. Puis je vous livre des textes selon vos besoins et une fiche complète de ce que vous proposez en termes d’accueil pour votre clientèle et votre personnel si vous employez.
Nous pouvons aussi en discuter ensemble autour d’une boisson chaude ou froide.
→ Découvrez aussi les deux guides du collectif Les Dévalideuses : pour accessibiliser votre communication et vos événements.
En tout cas, je suis très curieuse de vos retours sur ces questions d’accessibilité numérique.
Je vous dis à très vite,
Béatrice Schaller-Le Leu
Rédactrice inclusive et fondatrice de Les sens et l’écrit
Injectons du sens dans votre communication écrite !


Merci beaucoup pour la mention 💜 Et bravo pour ton travail de sensibilisation à l'accessibilité numérique ! On peut toutes et tous faire sa part pour rendre Internet plus accessible !